Table des matières :

1 – L’intouchable famille : Famille je vous Haime…
2 – Sortir du silence.
3 – Des parents responsables.
4 – Quelle éducation donner ?
5 – L’enfant abusé.
6 – Influence de la pornographie.
7 – Ressources et adresses utiles.
8 – Quelles guérisons attendre ?
9 – Quelques chiffres.
10 – Quelques définitions.
12 – Des agresseurs responsables !
13 – 27 exemples d’agressions sexuelles et de secrets douloureux.
14 – Traumatismes et conséquences.
15 – Le dépôt de plainte.
16 – La non assistance à personne en danger.
17 – Plaisir et délices de la sexualité.
18 – Quel pardon ?
19 – Conclure pour bien démarrer.

Introduction. La famille qui a vocation d’être un espace de sécurité et de ressources est souvent le lieu de violences extrêmes : harcèlement psychologique, coups, incestes, violences conjugales. Il n’y a pas de limites à l’expression de cette violence qui va de l’agression verbale à la torture.

Une fille sur huit et un garçon sur dix seraient victimes d’abus sexuels. Les rapports de police sont impressionnants : dans 85% des cas l’agresseur n’est pas un étranger. On trouve l’assassin ou l’auteur de violences dans la famille ou les proches. Le loup ne cherche donc pas à entrer dans la bergerie, il y vit. Le cercle familial est pour les victimes, un espace où l’insécurité est permanente. Ces violences et secrets douloureux sont également présents au travail, à l’école, à l’église, dans les associations sportives, à l’internat, dans les camps de vacances, dans les institutions à caractère social, etc.

La vie parfois fait très mal, qui est prêt à entendre cette violence ? C’est tellement tabou, que la chape de plomb recouvre même les victimes. Ces situations qui sont le plus souvent gardées secrètes n’ont pas vocation de le rester. Pour les victimes, il conviendrait bien sûr de parler, mais c’est tellement difficile. Parler, oui, mais à qui ? Comment enlever cette boue en soi, ce sentiment d’être sale ? Où puiser la force pour vaincre cette violence et retrouver le goût de la vie ? Comment partager les agressions dont on a été victime ? Comment sortir de la résignation et de la honte ? Comment briser la chape de silence et cette culpabilité qui colle à la peau ? Comment briser la peur de dire ?

Les médias sont encore timides pour se faire régulièrement l’écho des sujets abordés dans ce livre. Il faut du temps en effet pour parler de la réalité de la maltraitance sur les bébés, de l’inceste, des violences conjugales ou des mutilations sexuelles. Sur toutes ces thématiques si sensibles, nous ne sommes pas prêts dans notre pays à voir une réalité si dérangeante. Le Canada pourrait être pour nous une source d’inspiration, car ces sujets y sont très médiatisés. Un nombre important de recherches y ont été financées dans les 20 dernières années et il s’agit véritablement de priorités nationales. Plusieurs livres ont déjà été publiés sur ces thèmes et sont pour la plupart construits sur la base d’états de connaissances scientifiques et de données empiriques probantes. Soyons leurs imitateurs.

Dans ces pages, sont évoqués les aspects les plus sombres des relations entre hommes, femmes et enfants au travers de différentes formes d’agressions, agressions verbales, psychologiques, corporelles, sexuelles, économiques et les négligences et privations de soins. Si, dans ce livre, il est clairement pris parti pour les victimes aux vies « fracassées », il est juste de dire aussi que les agresseurs ont eu très souvent des enfances comparables. Si leur passé peut expliquer en partie leurs actes, cela bien sûr ne les justifie en rien. Les situations les plus douloureuses seront évoquées sans détour et pour plusieurs lecteurs, les faits relatés peuvent être difficiles à lire ou à admettre.

L’accent général du livre est mis sur le fait que, s’il peut nous arriver de traverser l’enfer, ce n’est pas notre destinée d’y rester. Le passé le plus sombre ne saurait nous empêcher d’avoir un avenir et de l’espérance.

– Le premier objectif est d’encourager celles et ceux qui sont prisonniers d’un secret douloureux à s’en libérer.

– Le deuxième objectif est de rendre sensible le plus grand nombre de personnes possible à ces souffrances peu médiatisées et de donner des informations qui peuvent s’avérer utiles pour comprendre et aider. Celles et ceux qui vivent de telles agressions sont de votre entourage immédiat, votre famille, vos amis, vos voisins, votre travail. Vous leur parlez, vous les saluez, mais ignorez tout de leur souffrance. Réapprenez à voir, à décoder les signes parfois infimes de leur souffrance. Arrêtez-vous, écoutez, posez des questions. Si le silence est un facteur de séquelles, être écouté favorise la libération et la guérison. Soyez là, juste disponible et vous serez surpris de voir que les secrets douloureux ne demandent qu’à être partagés. Ce n’est pas une affaire de spécialiste, mais de cœur.

– Le troisième objectif est de proposer des pistes pour écouter et conseiller les victimes ; par exemple dans la démarche pénale indispensable dans certains cas. Egalement les inviter à s’engager dans une relation d’aide individualisée, une psychothérapie ou groupe de parole et entreprendre si besoin une insertion professionnelle.

– Le quatrième objectif vise une nouvelle vie et ambitionne de voir les victimes d’hier devenir une source de guérison pour d’autres ; c’est ce que montrent les deux exemples qui suivent, pris parmi tellement d’autres.

* Bill Wilson. Il est le fondateur de « Metro Ministries International » à Brooklyn (New York), une œuvre qui a démarré il y a 26 ans et qui touche désormais plus de 20.000 enfants par semaine. Trop de gens agissent dans le seul but de plaire aux autres mais pas lui. De père inconnu, abandonné par sa mère alcoolique sur le bord d’un trottoir lorsqu’il avait 11 ans, il est recueilli au bout de trois jours par une famille chrétienne. Il découvre la foi en Jésus et sa vie est transformée. Il la consacre depuis à aider les enfants des cités ghettos, tant sur le plan humain que social ou spirituel. En aimant et adoptant cet enfant perdu, un couple a trouvé un fils et à travers lui, sauvé une multitude.

Bill raconte « Quand ma mère m’a abandonné au coin d’une rue alors que j’étais enfant, un homme s’est arrêté et s’est occupé de moi, c’était un chrétien. Il a investi dans la vie d’un petit garçon dont personne ne voulait. Tout a alors changé pour moi. J’ai donc réalisé qu’il était possible qu’un seul homme fasse la différence. La racine, c’est la relation. Tant que nous n’avons pas rencontré quelqu’un, tant que nous ne sommes pas allés chez lui, tant que nous l’attendons dans nos murs, le travail n’est pas possible. Il faut aller vers les gens, faire connaissance, et prendre le temps. Aujourd’hui quand je ramasse les enfants sur le trottoir, c’est moi que je ramasse  » En voilà un qui a su rebondir sur son abandon!

* Isabelle Aubry présidente de l’Association Internationale aux Victimes de l’Inceste. Sa volonté est de rassembler, d’aider et de porter la parole des survivants de l’inceste qui ont vécu ou qui vivent encore sous le poids du silence. « On ne peut pas lutter contre un tabou sans commencer par le nommer. » Elle plaide donc pour que l’inceste soit inscrit dans le code pénal comme une forme particulière de crime. « L’inceste ne figure toujours pas dans le code pénal. Pour que le viol soit reconnu, il faut qu’il y ait eu contrainte, violence et surprise. Mais comment voulez-vous qu’un enfant ose dire « non » dans certaines situations ? C’est abominable. 80% des affaires sont classées sans suite ! Il est temps de faire évoluer la loi. » Elle raconte dans son livre »La première fois, j’avais six ans ?« (1) comment son père lui a dérobé son enfance et a fini par être jugé et puni. Mais, avant qu’une adulte de son entourage se décide à ouvrir les yeux, la fillette a été violée à d’innombrables reprises, par son père et par des dizaines d’autres hommes, à qui elle est prêtée « en échange de leurs femmes » au cours de « partouzes« . La réparation judiciaire est un piètre soulagement quand le diable s’habille en papa. Elle dit : « A 35 ans, j’allais très mal. En cherchant de l’aide, j’ai découvert qu’il n’existait aucune structure pour les victimes de l’inceste. J’ai donc créé un site. L’association, elle, est née après le décès d’une jeune femme. A 32 ans, elle voulait porter plainte mais le délai de prescription étant dépassé elle n’a pu le faire. Elle s’est défenestrée, laissant ses deux petits garçons. Grâce à notre action en 2004, nous avons remporté une grande victoire : le délai de prescription est passé de 28 ans à 38 ans. » Notons que grâce à sa lutte, l’inceste vient d’être rajouté au code pénal en janvier 2010 après six ans de combat. Elle aussi, a su faire de sa souffrance une source de délivrance pour beaucoup.

Ce qui différencie Isabelle Aubry et Bill Wilson tient dans la réponse qu’ils ont su donner ; et pourtant les épreuves et les défis  se levaient devant eux comme des Goliath. En cela, ils sont des modèles à imiter. Les joueurs disent qu’au poker, le plus important ce ne sont pas les cartes que vous avez mais ce que vous en faites. C’est vrai, la gestion de ce qui est entre nos mains fait toute la différence pour nous et notre entourage.

Ce livre vise à encourager les hommes et les femmes à rebondir dans l’épreuve, à se relever et à devenir acteurs du changement pour eux et leur entourage. Il est comme un couteau suisse à plusieurs usages. Il peut être parfois tranchant, pédagogique ou source d’infos et à d’autres moments, être une clé pour comprendre et décoder les relations interpersonnelles. Un drôle d’outil c’est sûr… mais qui peut s’avérer utile. Ajoutez donc cet outil à ceux que vous avez déjà, pour séparer la lumière des ténèbres et faire revenir la Vie là où elle est absente.

Quand elle reçut le Prix Nobel de la Paix, quelqu’un demanda à Mère Térésa :  » Que peut-on faire pour encourager la paix mondiale ?  » Elle répondit:  » Rentrez chez vous et commencez par aimer votre famille !  » Ce défi est toujours d’actualité pour chacun de nous.            (à suivre….)

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